LA MARCHE DE PERSONNES AGEES

 

 

La marche est un des éléments les plus importants de l’autonomie pour la personne âgée. C’est une des premières choses qu’elle perd quand elle perd son autonomie.

Si le potentiel d’autonomie de la PA = la marche => dès que la PA est malade elle la perd.

?                                                        = double tâche (par exemple) => dès que la PA est malade, elle perd le reste avant de perdre la marche.

 

NB : en France, des personnes s’intéressent particulièrement à l’étude des personnes âgées :

-F. MOUREY, à Dijon,

-O. BEAUCHET, à Saint Etienne,

-J. PELISSIER, à Montpellier

-M. ABRIC et P. DOTTE ó techniques d’activation en gériatrie.

 

I- Présentation :

 

La marche est un processus complexe et élaboré dont l’apprentissage nécessite l’acquisition conjointe de la posture et du mouvement.

D’un point de vue cognitif, elle nécessite l’intervention de la mémoire procédurale motrice implicite (= à long terme) et inconsciente, totalement indissociable de l’action.

Il y a plusieurs étapes jusqu’à ce que la marche soit automatique.

 

Structures cérébrales intervenant pendant l’acquisition de la marche :

-le cortex frontal + pariétal,

-les noyaux gris centraux.

? après l’acquisition(complète) de la marche : les centres moteurs sous corticaux.

 

II- Vieillissement de la marche :

Il existe un vieillissement de la marche.

 

1- Vieillissement sous cortical :

A partir de 60 ans, il y a :

-une dépopulation neuronale >50% (en particulier au niveau des noyaux gris centraux),

-une démyélinisation (en particulier au niveau de la substance blanche périventriculaire) => hypersignaux à l’IRM,

-une diminution du poids du cerveau de 2% par décennie.

=> perturbation du fonctionnement et du contrôle automatique de la marche

=> Csquces :

-augmentation du contrôle cortical de la marche,

-augmentation du risque de chute,

-la double tâche devient difficile.

 

Evolution du contrôle de la marche en fonction de l’âge : selon O. BEAUCHET

                     contrôle

                                                                                                                           de 7 à 60 ans : marche

cortical                                                                                                               automatisée

                                                                                                      

 


 

sous cortical

 


 

                                          7                                         60                                   âge

2- La double tâche marcher-parler :

Etude par LUDIN-OLSON et GUSTAVSON : le « stop walking when talking test » (test prédictif des chutes),

Les structures corticales mise en jeu au cours de la double tâche sont encore inconnues.

Lors de la vie quotidienne, les conditions de la double tâche sont fréquentes :

-attention portée à telle ou telle chose,

-tous les gestes simultanés,

-le fait de parler…

 

MK => Donner des ordres simples,

 Eviter la multitude de recommandations,

 L’important est de répéter les actions afin de favoriser le réapprentissage,

 Ne pas faire de ludique, car les personnes âgées ne vont pas s’y retrouver =< pas de réapprentissage alors,

 Les séances doivent être courtes : 15minutes,

 Isoler la PA au cours de la séance,

 Lui parler calmement,

 S’adapter au rythme de la PA : qd qq’un lui parler le tps précédant sa réponse peut durer jusqu’à 27s.

 

3- Vieillissement des récepteurs :

-diminution de la vue,

-diminution de la sensibilité plantaire.

 

4- Vieillissement des effecteurs :

-diminution de la F musculaire,

-diminution des amplitudes articulaires (tibio-tarsienne + + +)

 

=> Cercle vicieux de la grabatisation : diminution de la F musculaire => moindre utilisation => diminution des schémas moteurs et effacement des séquences motrices => diminution des capacités => diminution des amplitudes articulaires et diminution de la F musculaire => …

 

5- Il y a aussi intervention des pathologies qui vont atteindre la marche (polypathologie très présente en gériatrie) :

-arthroses, gonarthroses + + +  (car la coxarthrose est souvent opérée),

-affections neurologiques centrales et périphériques,

NB : La frontière entre vieillissement et pathologies et encore mal définie.

 

MK => ATTENTION à ne pas faire à la place de la PA => diminution des séquences motrices

       => se poser le pbm : « que veut-on ? » : des PA autonomes ou dépendantes ?

NB : le MK a un rôle de référent à ce niveau par rapport à l’équipe soignante.

 

III- Evaluation des personnes âgées :

 

1- 1984 : COLVEZ : épidémiologie de l’incapacité des PA,

 

2- 1997 : Grille AGGIR : c’est un bilan de la dépendance à remettre aux tutelles. Cette grille permet d’obtenir des financements afin d’aider la PA à domicile.

Les cotations vont de 1 (dépendant) à 6 (autonome, soit jamais rencontré en maison de retraite)

NB : les déments déambulants sont cotés à 2. Ces personnes marchent afin de diminuer l’angoisse qu’ils ressentent. ATTENTION, ils peuvent ainsi fuguer.

Il y a 3 choix par items :

-A : fait seul,

-B : fait partiellement,

-C : ne fait pas.

En institution, les valeurs discriminatives sont utilisées :

-cohérence : conserver et/ou se comporter de façon cohérente et sensée,

-orientation : se repérer dans le tps, les moments de la journée et les lieux,

-toilette : assurer son hygiène corporelle,

-habillage : s’habiller et se déshabiller,

-alimentation : se servir et manger les aliments préparés,

-élimination : assurer l’hygiène de l’élimination urinaire et fécale,

-transferts : se lever, se coucher, et s’asseoir,

-déplacements à l’intérieur avec ou sans canne, déambulateur ou fauteuil roulant.

 

L’incohérence fait chuter le GIR (déterminé par l’équipe) de manière remarquable.

ATTENTION le patient est menteur : il ne rencontre jamais de pbm.

Normalement les patient devraient être cotés à leur sortie de l’hôpital.

 

3- Il existe un arbre décisionnel de l’évaluation fonctionnelle de l’équilibre et de la marche (cf document extrait des recommandations quant à la personne âgée fragile de l’HAS, avril 2005),

 

4- Autres tests d’évaluation de la PA :

cf annexes.

 

IV- Traitement de la marche de la personne âgée :

 

1- Moyens de ttt :

a) F musculaire :

-déficit musculaire ó W analytique spécifique du muscle déficient,

-absence de déficit musculaire ó la répétition des gestes fonctionnels suffit à l’entretien musculaire.

 

b) Amplitude articulaire :

-W de la flexion dorsale de l’art° tibio-tarsienne (talo-crurale),

-W mobilité cervicale + + + +, car elle est capitale par rapport à la prévention des chutes. Elle devrait être entretenue quotidiennement,

-si un déficit d’amplitude articulaire est présent, W spécifique du mouvement.

 

c) La vue :

-faire porter le regard è pas en avant + en bas, (car si il est demandé de regarder en avant et en haut, la PA part en ARR),

-W de l’occulo-motricité :

            -1 objet fixe + tête mobile,

            -1 objet mobile + tête fixe.

ATTENTION, cet exercice peut donner des vertiges à la PA.

 

d) La sensibilité plantaire : massage + + + +

 

e) La stimulation vestibulaire : utilisation du principe d’accélération,

 

f) Le travail des items déficients :

-longueur du pas diminuée => diminution de la vitesse de marche, confortable (d’environ 20% à partir de 65-70 ans)

-diminution du transfert du poids du corps => diminution de sa hauteur =>MK => induire le dandinement (= technique d’activation en gériatrie),

-modification de la posture en triple flexion => MK => poussée verticale au niveau du sacrum => réaction d’extension de la part de la PA,

-diminution de la giration des ceintures => MK => la godille

 

 

2- Principes :

-conserver les mêmes exercices,

-dans les mêmes circonstances,

-dans les mêmes lieux.

 

3- Progression :

Pour améliorer la marche :

-obstacles,

-marche à l’extérieur (ó adaptation au terrain),

-changement de rythme et de direction,

-augmentation des distances,

-double tâche.

 

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